- que certains lisent les effets indésirables des médicaments et s’informent des complications des traitements, alors que certains ne le font pas. On en trouve sans doute qui les lisent parfois, et parfois pas. Mais plus on s’informerait, plus on se poserait questions, plus la probabilité d'avoir des effets secondaires serait augmentée. C'est ce que les médecins appellent l'effet nocebo, ce qui en latin signifie je vais nuire, soit l'exact contraire de l'effet placebo, qui lui signifie je vais plaire. Des études ont prouvé les faits. Ce qui est particulièrement succulent, on peut le dire, car dans ces cas-là, les psychologues ou chercheurs mettent sciemment les personnes étudiées dans des conditions pouvant créer effets indélicats ou complications dérangeantes. On peut se demander aussi si les gouvernements n’ont pas étendu le concept à la peur ambiante en faisant de jolies publicités à la crise, au chômage ou aux menaces terroristes qui restent moins dangereuses que la voiture, voiture qui reste toutefois plus indispensable à la prospérité, consommation, taxes ou contraventions faisant partie du lot. Le berger surveille et conduit le troupeau, qu’il laisse en liberté par instants, et dresse le chien pour, toujours, à la fin, ramener les bêtes à la bergerie.

- qu’à l’école, mieux vaut être inquiet et consciencieux qu’ouvert et curieux. Une étude a dû le prouver, je le sens sous le bout de mes doigts. Les traits de caractères auraient une influence en matière de capacité d’adaptation au cadre scolaire. Est-ce vrai ? Tous les moutons ne sont pas de la même taille et de la même couleur ? Non ? Une chercheuse qui avait envie de chercher a cherché et a donc démontré que les consciencieux avaient de meilleurs résultats, sans vraiment de surprise, avouons-le, mais que les inquiets arrivaient en seconde position, devant les curieux et ceux faisant preuve d’ouverture d’esprit. On sait au moins, ou en tout cas on nous le suggère discrètement en nous mettant sous les yeux ce genre d’études, comment formater nos enfants si on tient à leur réussite. Etendons le concept aux employés de bureau et mettons à leur basque quelques petits chefs qui les stresseront. Ah, c’est déjà fait ? Le berger surveille et conduit le troupeau, qu’il laisse en liberté par instants, et dresse le chien pour, toujours, à la fin, ramener les bêtes à la bergerie.

- que la violence à l'écran, de cinéma mais encore plus de télévision, comme dans les jeux vidéos, serait un sujet récurrent chez les journalistes, les parents à la sortie de l’école, les piliers de bars, les convives à table, et ce surtout lorsque l’actualité nous donne son lot de massacres inexplicables, incompréhensibles, fous, hors normes, bref, très loin de ce que nous pouvons être ou attendre, même si, puisqu’il sont récurrents, ils reviennent en boucle et finalement pas si rarement que ça. Faites le tour d’internet et vous trouverez des avis contraires aux avis contraires qui seront en contradiction totale avec les avis opposés que vous aurez précédemment lus et nieront les suivants tout en ne corroborant pas les antérieurs. Une influence, pas d’influence, ou pas forcément d’influence. La multiplication des chaînes, des séries, des films, des rediffusions, des chaines d’infos en continu continuellement continuelles noie le téléspectateur sous un flot de flux qu’il n’est pas certain d’éviter s’il ferme sa télé et qu’il sort dans la rue, avec influence ou non. Il y a quelques solutions, mais je les garde pour moi. Le berger surveille et conduit le troupeau, qu’il laisse en liberté par instants, et dresse le chien pour, toujours, à la fin, ramener les bêtes à la bergerie, a priori.